Semi Six - Interview

Semi Six – Mix & Interview

Entendu il y a quelques mois sur soundcloud Semi Six a bien voulu répondre à quelques questions. En attendant la sortie début 2015 de son premier projet solo The Coronation Act 1, le jeune rappeur de Détroit nous a aussi envoyé quelques titres pour nous faire découvrir son univers et son flow.

Pour ceux qui ne te connaissent pas encore en France, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Salut la France! Je suis Semi Six, celui qui écoute sa conscience.

À quand remonte ta rencontre avec le Hip-Hop ?

Quand j’étais à l’école primaire Paul Roberson j’ai rencontré un gamin qui lâchait des rimes de Tupac en classe. Moi j’en connaissais quelques unes de Notorious B.I.G et on passait notre temps à se faire des battles. C’est le plus vieux souvenir de l’influence que le Hip-Hop a eu sur moi. Plus tard quand j’ai changé d’école pour aller dans le East-side deux de mes camarades écrivaient des rimes. Je piquais des cahiers à ma mère pour écrire mes propres lyrics. À douze ans je suis allé à Doha au Qatar pour rendre visite à mon oncle. Lui et mon père y avait ouvert la première boutique de fringue Hip-Hop qu’ils ont appelé The Hip-Hop Shop comme la célèbre salle de concert de Détroit. Au lycée, beaucoup de mes camarades rappaient et organisaient des battles et cyphers. Il y avait même dans mon lycée une classe de rap au premier semestre. Mon voisin qui était plus âgé et lui aussi rappait et m’a fait connaître les premiers albums de Jay-Z et Nas.

Quand a tu écouté du rap pour la première fois et qu’est ce qui t’a frappé le plus ?

Les premiers disques de Hip-Hop que j’ai écouté faisaient parti de la collection de disque de ma mère. Le tout premier disque que j’ai écouté était The Miseducation of Lauryn Hill. Mon père collectionnait aussi beaucoup de disque de rap west-coast. Il écoutait souvent des disques de Tupac et Too Short. Je me souviens aussi quand j’étais tout petit sur le chemin de l’école on écouté la radio WJLB où ils passaient tous les gros classiques Hip-Hop.

Qui sont les MC’s qui t’ont inspiré ?

Les rappeurs qui m’ont inspirés et vraiment donné envie d’écrire des rimes sont : MF DOOM, Elzhi, Edan, Percee P, Big Pun, Big L, Sean Price, KA, Roc Marciano, Action Bronson, Crooked I, Eminem, Pat Stay, Dizaster, Sean Rosati, Nolan the Ninja, Guilty Simpson, Phat Kat, Nas, Samiyam, Alchemist, Raekwon, Ghostface, Notorious B.I.G, Killa Cam.

Qui sont les beatmakers que tu admires ?

Mes beatmakers préférés sont : Samiyam, Alchemist, Nujabes, Fat Jon, 9th Wonder, Khrysis, Madlib,J Dilla, Q Tip, Black Milk, Roc Marciano, Mr.Dibiase, Tuamie, Doc Illingsworth, Flying Lotus/Captain Murphy,Dorian Concept, Young Bae/Flamingosis, DJ Premier, RJD2, Soul Chef, Knxwledge, The Neptunes, The Stuyvesants, Sinitus Tempo, Ski Beats, Nolan the Ninja, J!mmy Ston3R, Nameless.

Quand as tu commencé à écrire et décidé de devenir un MC ?

J’ai vraiment commencé à écrire quand je squattais le canapé de mon pote Big Mo à Kuala Lumpur. J’étais sans domicile fixe, je n’avais pas vraiment de but je ne savait pas dans quelle direction j’allais. Sans parler du fait que je n’avais pas une thune. C’est à ce moment que j’ai commencé à me poser plein de question et je cherchais ce qui me passionnait vraiment. Je me suis mis à écrire des rimes et je ne me suis jamais arrêté depuis. Au départ j’étais très brouillon mais mon pote Shay Who m’a fait connaître des rappeurs qui écrivaient des rimes vraiment plus structurées. Des rappeurs qui utilisaient des rimes riches et des punch lines pleines d’esprit. Des rappeurs qui maniaient le double sens et qui faisaient de leur propre personnalité l’ossature de leur style. Le plus j’étudiais tout ça, plus je m’améliorais. J’ai passé des heures à maitriser l’art d’écrire différents styles de rimes, rimes croisés, des métaphores, créer mon propre style.

D’où te vient ce goût de jouer avec les mots, d’écrire ? Qu’est ce qui t’inspire ?

J’ai toujours eu un sens de la formule depuis que je suis gosse et au lycée j’étais dans une classe de littérature avancée. J’ai toujours eu le sens du détail et un langage très imagé qui me permet de décrire exactement ce que je vois de manière précise. Par exemple dans mon morceau Survival Mode je dis : I’m like a Pippen pass to Jordan on a fast break, spin off the defender dunk the ball and make the glass break.

Comme beaucoup de rappeur de Détroit as-tu participé à des battles pour tester et travailler tes rimes ?

Quand j’étais à Kuala Lumpur j’ai participais à des compétitions de rap. À ma première j’ai terminé troisième. Tu peux voir certaines de mes battles sur le net. Maintenant je participe moins à des battles parce que je m’intéresse plus au côté musique du rap. Mais je passe mes vendredis soir à regarder des battles sur le net.

Tu viens de Détroit et tu es parti vivre un moment en Malaisie. Qu’est ce que tu as trouvé là-bas que tu n’avais pas chez toi ?

Détroit et la Malaisie sont vraiment différents. La Malaisie est un gros mélange de cultures drainées par des gens qui viennent du monde entier, sans oublier les cultures locales. J’ai maintenant des amis dans le monde entier grâce à mon expérience en Malaisie. J’ai rencontré des gens d’Asie, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du sud. Partir à l’étranger m’a permis de comprendre les valeurs des différentes cultures.

Tu as formé The BlkSmth là-bas. Comment as-tu rencontré les autres membres du groupe ?

J’ai rencontré Big Mo par mon pote français Nic pendant la coupe du monde. Nic et moi sommes allés dans un restau traditionnel (mamak) pour retrouver des potes. Il y avait Shay Who et on a parlé Hip-Hop. Nous sommes ensuite allé chez lui et Big Mo était là aussi. On a fumé des spliffs tout en parlant des artistes qu’on aime. J’ai ensuite rencontré Dj Bonks à l’ouverture d’une boîte le Crib à Petaling Jaya. On s’est mis à faire des graffitis ensemble et quelques concerts au Raising the Bar qui est La salle Hip-Hop en Malaisie.

Qu’est-ce que cela t’a apporté de bosser dans un groupe ?

Bosser avec Big Mo et Dj Bonks nous a apporté une certaine notoriété sur la scène Hip-Hop de Kuala Lumpur. Les rappeurs et les autres artistes Hip-Hop savaient qui on était. Honnêtement, Big Mo et moi étions les meilleurs rappeurs de la ville, personne ne nous arrivait à la cheville aussi bien au niveau des lyrics que des voix. Quand on arrivait les gens nous laissaient la place et voulais nous entendre pour apprendre quelque chose de nous.

Quelles sont les différences entre la scène de Détroit et la scène à Kuala Lumpur ?

La différence c’est qu’a Détroit la scène est bien ancrée avec des artistes qui sont de pionniers. Ici c’est Motown. Les vrais artistes s’investissent vraiment dans la culture Hip-Hop. Aux États-Unis c’est aussi plus facile de se faire une place dans l’industrie de la musique.

D’après toi qu’est-ce qui a changé à Détroit pendant tes quatre années d’absence ?

Ici rien a changé. Les artistes continuent à jouer ensemble et sont très solidaires. Il y a encore beaucoup d’artistes innovants qui travaillent dur et inonde l’internet avec le son de Détroit. Il y a ici beaucoup d’artistes qui travaillent avec passion pour atteindre leur but.

Peux-tu nous parler de ton projet solo The Coronation ?

The Coronation est mon projet solo et j’y revendique mon statut de rappeur. C’est un hommage à ceux qui travaillent dur pour atteindre leurs rêves. The Coronation est inspiré par le livre d’Oscar Wilde : The Happy Prince and other stories.

Peux-tu nous dire qui participe à ce projet ?

Nolan The Ninja et Sean Rosati ont participé à ce projet.

La liste des producteurs que tu as utilisé est intéressante (Flying Lotus, Madlib, 9th Wonder, Ohbliv, Samiyam)

J’ai simplement téléchargé les instrus de ces artistes et posé ma voix dessus. Ils font des morceaux sur lesquels j’ai vraiment envie de rapper, je trouve que ça colle vraiment bien. Je rappe vraiment sur tout ce qui correspond à mes goûts musicaux.

Quels sont les producteurs et les MC’s avec qui tu aimerais bosser?

J’aimerais travailler avec Knxwledge, Flying Lotus, Doc Illingsworth, Samiyam , Alchemist, J!mmy Ston3R, 9th Wonder and Khyrsis.

Peux tu nous donner tes trois morceaux préférés?

Je ne peux vraiment pas faire ça.


English version

For those who do not know you yet in France, can you introduce yourself in a few words?

Whaddup France! I’m Semi Six, he who listens to his conscious.

At what point in your life you have been affected (touched) by hip hop music?

When I attended Paul Robeson Academy in 2nd grade I met a kid who spit Tupac lines during class. I myself knew a couple Notorious B.I.G lines and we would go back and forth. This is the earliest I can remember being influenced by Hip Hop. In 4th grade I attended a school on the east side and two of my classmates wrote rhymes. I would steal notebooks from my moms desk and write my own lyrics. Me and my classmates rhyme books were eventually confiscated by the dean.When I was twelve I got to go to Doha, Qatar to visit my uncle and during that time; he and my father opened Doha’s first hip hop clothing boutique named after the famous Detroit hip hop venue “The Hip Hop Shop”. In high school, many of my classmates rhymed and there would be occasional rap battles and cyphers.There was even a rap class one semester in my high school. My next door neighbor was also a rapper and much older than me at the time and introduced me to alot of early Jay-Z and Nas albums.

When did you hear Hip Hop Music for the first time and What has struck you most?

I first heard Hip Hop listening to my mother’s collection of music. The first CD I ever played in my life was Lauryn Hill’s “The Miseducation of Lauryn Hill”. My dad collected alot of west coast rap. He would play Tupac and Too Short. At an early age every morning going to school I can remember hip hop classics playing on WJLB.

Who are the MCs who inspired you?

Rappers that inspire me to write rhymes are: MF DOOM, Elzhi, Edan, Percee P, Big Pun, Big L, Sean Price, KA, Roc Marciano, Action Bronson, Crooked I, Eminem, Pat Stay, Dizaster, Sean Rosati, Nolan the Ninja, Guilty Simpson, Phat Kat, Nas, Samiyam, Alchemist, Raekwon, Ghostface, Notorious B.I.G, Killa Cam.

Who are The Beatmakers you like the most?

Beat makers I like the most are: Samiyam, Alchemist, Nujabes, Fat Jon, 9th Wonder, Khrysis, Madlib,J Dilla, Q Tip, Black Milk, Roc Marciano, Mr.Dibiase, Tuamie, Doc Illingsworth, Flying Lotus/Captain Murphy,Dorian Concept, Young Bae/Flamingosis, DJ Premier, RJD2, Soul Chef, Knxwledge, The Neptunes, The Stuyvesants, Sinitus Tempo, Ski Beats, Nolan the Ninja, J!mmy Ston3R, Nameless.

When did you start to write lyrics and want to be an MC?

I wrote lyrics when I was couch surfing at my homie Big Mo’s apartment in Kuala Lumpur. I was homeless, goalless and purposeless. Not to mention broke. I began to ask myself deeply what is it that I’m passionate about. I ended up writing rhymes and didn’t stop since then. I was very novice in the beginning. My homie Shay Who introduced me to more structured rappers. Rappers that used multi syllables and witty punch line set ups. Rappers with layers, depth and personality which was the skeleton of their style. The more I studied, the better I got. I dedicated hours mastering the art of writing syllable patterns, abba rhyme patterns, metaphors, personality, everything.

Where did your taste of playing with words (writing) come from? What are your inspirations?

I’ve always had a way with words since a child and in highschool I was studying college level advanced literary classes. I was always very detailed and could use imagery to write down exactly what I saw in a very defined and specific way. for example in my track titled “Survival Mode” I say “I’m like a Pippen pass to Jordan on a fast break, spin off the defender dunk the ball and make the glass break”. You get the gist.

Like many Detroit MC did you improved and tested your rhymes and flow during battles?

When I was in Kuala Lumpur I competed in battle competitions. My first competition I placed 3rd. I have a couple battles on the tube. I don’t battle as much as I used to, mainly because I’m more interested in the music side of rap. I do dedicate Friday nights to watching battles online though.

You’re from Detroit but you left few years in Malaysia. Hhat have you found out there you didn’t have in your hometown?

Detroit and Malaysia are so different. Malaysia has so many different cultures made up of people from literally all over the world, not to mention the demographic of local Malaysians. I have friends from so many different countries because of my experience in Malaysia. I’ve met people from many Asian countries, many European countries, many African countries and many South American countries. Being abroad I got to understand how other cultures live, view and appreciate morals, values and life.

You formed The BlkSmth over there, how did you meet the other members of the band?

I met Big Mo through my French homie Nic. It was during the world cup. Nic and I went to a mamak to meet up with his friend. It was Shay Who and we talked about hip hop, he asked me did I know such and such. We ended up going to his house and Big Mo was there. We ended up smokin’ a spliff and sharing music of hip hop artists we listened to. I met DJ Bonks via graffiti. I was into bombing and getting up. BONKS 2 was all city in Malaysia and I was amazed at his dedication to bomb. I met DJ Bonks at The Crib’s grand opening in Petaling Jaya, he was spinning. We ended up going on alot of bombing missions and doing shows at Raising the Bar. Malaysia’s number one monthly Hip Hop venue.

What does working with a band brought you?

Working with Big Mo and DJ Bonks during my time in Malaysia brought us respect in Kuala Lumpur’s hip hop scene. Rappers and other hip hop artist knew what was up. I’m gonna be honest, Big Mo and I were the best rappers in the city when we were there, No one could touch us lyrically or vocally. When we showed up people gave us the floor, they wanted to hear either me or Big Mo rhyme because they knew they were gonna hear and learn something during that moment.

What are the differences between Detroit and Kuala Lumpur scene?

The difference between the scenes is that Detroit is an established hip hop scene with actual hip hop pioneers. This is Motown. Real hip hop artists are here and truly embrace the culture. Theres also a larger chance of you breaking into the music industry living in the United States.

In your opinion, what has changed on the Detroit scene when you came back four years later?

Nothing has changed here. Artist are still banding together to support one another. There are still innovative and hardcore artists that continue to work hard and feed the internet with that Detroit sound. There are many underground artist here that continue to work to their goals and vision via their passion.

Can you tell us about your solo project The Coronation?

“The Coronation” is my first installment to the Semi Six movement/brand. This project is about ones rise to status. Claiming what belongs to those that work hard toward their dreams. It displays very ornate, debonair, ostentatious, quick witted notions and novel like wordplay. “The Coronation” was inspired by Oscar Wilde’s book “The Happy Prince and other stories”.

Can you tell us who will be involved in this project?

Nolan the Ninja and Sean Rosati will be involved in this project.

The lists of producers of the instrumentals you chose to rap on is impressive (Flying Lotus, Madlib, 9th Wonder, Ohbliv, Samiyam)

I basically downloaded these artsits’ beats and use them for my project. These specific artist make beats that I enjoy rhyming over so it was fitting. I rhyme on anything that is appealing to my music taste. If it’s appetizing I’ll rhyme over it.

What are the producers or rappers you want to work with?

I want to work with Knxwledge, Flying Lotus, Doc Illingsworth, Samiyam and Alchemist and J!mmy Ston3R and 9th Wonder and Khyrsis.

Can you name three of your favorite song?

I can’t simply do that.

Exprime-toi camarade

Une réponse à “Semi Six – Mix & Interview”

Laisser un commentaire